Arrivée à Terre-Neuve


À 7h, alors que le soleil était déjà haut, on était déjà debout ! En effet, il fallait être au port de Blanc-Sablon à 8h, question de prendre le traversier vers Terre-Neuve à 9h ! Le système de traversier n’est pas particulièrement efficace. Après avoir réservé d’avance sa place en ligne, il faut tout de même se présenter à la billetterie du port une heure avant le départ pour acheter les billets préalablement réservés. Bref, une fois au port, on est entrés dans un édifice à l’air désaffecté puis on a attendu sur le quai que notre somptueux navire, le Appolo, vienne accoster.

Une fois à bord, on a découvert que le bateau, qui ne paraissait pas trop mal de l’extérieur, était en fait un vieux rafiot des années 1970, acheté usagé à l’époque quelque part en Scandinavie vu les inscriptions en danois ou norvégien un peu partout. La décoration n’avait pas beaucoup évolué depuis, en particulier dans la section « bar » recouverte de tapis fleurant la cigarette froide. Au moins, on avait une belle vue sur la mer depuis les hublots crasseux ! Comme on avait faim, on a décidé d’essayer la cantine, où les « hash browns » semblaient intéressantes. C’était finalement des petites patates et le café ne goûtait pas grand-chose. Certainement une expérience culinaire délectable !

Après une traversée bien tranquille du détroit de Belle-Isle, c’est 3h plus tard que nous sommes arrivés à St. Barbe, le minuscule village terre-neuvien où on débarquait (le temps de  navigation était de 1h30, et le décalage horaire est de +1h30 à Terre-Neuve-et-Labrador). Déjà, il y avait plus d’arbres et moins de neige, même s’il ventait tout autant qu’en Basse-Côte-Nord: on était presque dans le Sud !

Cette journée-là, notre objectif était de rouler vers le parc de Gros-Morne, à 4h de route au sud de St.Barbe via la seule route du coin (la Viking Trail, la 430). Compte tenu de l’isolement de la Northern Peninsula où on se trouvait et de faible population, il n’y avait pas grand-monde sur la route… On a dîné au resto Viking 430, qui était pas mal mieux à l’intérieur que ce que ça avait l’air de l’extérieur. C’est là que j’ai été confronté pour la première fois à l’accent terre-neuvien parfois difficile à comprendre, Mémé ayant eu droit à plusieurs patients qu’elle comprenait plus ou moins à l’hôpital ! On a digéré nos sandwiches à la morue et nos chowder + grilled cheese en se baladant sur un petit sentier sur pilotis tout proche, qui menait vers la Baie St. Margaret. Ça nous permettait de nous familiariser avec l’environnement typique de Terre-Neuve : les tourbières, les étangs, les petites forêts de conifères rabougris et les ruisseaux qui traversent le tout. Et évidemment, les côtes rocheuses en bord de mer ! Le sentier se terminait bizarrement sur un genre de village de maisons miniatures, sans qu’on ne comprenne vraiment pourquoi…

Après ce bol d’air, on a roulé jusqu’à Port-au-choix, un parc national du Canada que le dithyrambique guide touristique terre-neuvien vantait pour sa tombe amérindienne vieille de 4000 ans. Finalement, on n’a jamais trouvé la tombe (il faut dire que le centre d’interprétation était fermé) mais on a pu s’avancer sur la dramatique langue de terre ornée d’un phare qui s’avance dans la mer à cet endroit et qui donne un point de vue magnifique sur la côte, la mer et les montagnes ! Bon, on n’est pas restés très longtemps par contre, car il ventait terriblement et faisait super froid !

À partir de Port-au-choix, la route est devenue de plus en plus spectaculaire en longeant la côte près de la mer, en traversant des villages de pêcheurs endormis et en nous offrant un panorama superbe sur les montagnes enneigées au loin. On a fait un petit arrêt au minuscule parc provincial The Arches, question d’admirer un rocher percé local. Soit dit en passant, à Terre-Neuve, les parcs provinciaux tiennent généralement davantage de la halte routière ou du parc municipal que du parc-nature de calibre provincial auquel on est habitués au Québec ! En chemin, on s’est aussi arrêtés à plusieurs points de vue, qui devenaient de plus en plus intéressants au fur et à mesure qu’on s’approchait de Gros Morne.

On est arrivés en fin d’après-midi à Rocky Harbor, un gros village près du parc national de Gros-Morne où on allait passer la nuit. Mémé-la-logisticienne-en-chef, qui avait procédé à toutes nos réservations des nuitées pour le voyage, nous avait déniché un genre de petit chalet près de la pharmacie du coin, qui était très bien. Pour souper, on s’est laissés tenter par le charmant bistro Java Jack’s, situé dans une vieille maison en bord de mer, où j’ai mangé un délicieux lapin en croûte et Mémé un pavé de saumon, avec un verre de vin pour fêter nos retrouvailles à l’autre bout du monde ! À un certain moment, la patronne nous a demandé ce que nous faisions dans le coin et Mémé a dit qu’elle travaillerait prochainement à Blanc-Sablon. Ce à quoi elle a répondu que sa fille, serveuse au même resto, serait sûrement intéressée car elle souhaitait effectuer un stage en milieu isolé ! Mettons que quand tu vis à Rocky Harbor, tu es déjà pas mal en région isolée haha !

On est revenus dans notre cabane alors que le soleil flamboyait une dernière fois sur la baie de Rocky Harbor, pour une première nuit terre-neuvienne !

Commentaires

  1. Rocky Harbour est accessible par la route, c'est déjà moins isolé que Blanc-Sablon.

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  2. À part le froid, c'est exotique, même la langue anglaise.

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