En route vers Fogo via Twilingate
Ce jour-là, on s’est levés tôt et on était déjà partis vers 8h pour ce
qui s’annonçait une grosse journée de route. Après une heure de route vers le
sud à travers le décidément magnifique parc de Gros-Morne (on n’a pas pu
résister à arrêter à nouveau à un point de vue), on est arrivés à
l’embranchement avec la Transcanadienne (la route majeure de Terre-Neuve), près
de la ville assez quelconque de Deer Lake. À partir d’ici, le voyageur qui
vient du Nord comme nous a deux choix : poursuivre vers le Sud en
direction de Channel-Port-aux-basques et le traversier qui mène à la
Nouvelle-Écosse, ou obliquer vers l’Est et traverser l’intérieur quasi-vierge de
l’île de Terre-Neuve. Comme on se rendait vers la côte Est, c’était pour nous
la deuxième option qui nous attendait !
Parenthèse : on n’en a souvent pas conscience, mais Terre-Neuve
est une province très étendue et très peu peuplée (Terre-Neuve et le Labrador
ont une population combinée d’à peine 600 000 personnes environ, dont le tiers
dans la seule région de St. John’s). Qui plus est, historiquement, les gens se
sont installés près des côtes, question d’avoir un accès facile aux riches
zones de pêches qui ceinturent l’île. L’intérieur montagneux de la province,
inhospitalier car très boisé, serti de tourbières et d’innombrables lacs,
étangs et cours d’eau, est ainsi pratiquement inhabité, si on exclut une
poignée de villes et villages construits près de certains grands lacs et
rivières. Bref, les distances entre les points d’intérêt sont souvent assez
étendues, et pendant de longs moments sur les routes, on ne croise rien d’autre
que des épinettes noires et des ruisseaux.
Pendant 2h30, donc, on a roulé à travers le Central Newfoundland, dans
un paysage assez sauvage de forêts et de lacs. Le ciel était maussade et, au
fur et à mesure qu’on montait en altitude, la pluie se changeait par moments en
neige. On ne le savait pas encore, mais c’était un prélude de ce qui nous
attendait 2 jours plus tard ! Peu avant de quitter Deer Lake, on a ralenti
à la vue d’un caribou visiblement heurté par un véhicule quelques moments plus
tôt… Le pauvre animal avait certainement été blessé car il était incapable de
se relever et a dû être traîné par des camionneurs arrêtés sur la scène pour
que les voies puissent être dégagées. C’était vraiment triste à regarder et ça
a brisé le cœur de ‘y Marie-Pascale (MP : J’y pense encore, pauvre petit !) !
Heureusement, côté humains, personne n’était blessé. Ça nous a en tout cas
rappelé qu’il fallait être prudents dans ces routes isolées !
On a fini par déboucher à Grand-Falls/Windsor, une ville industrielle
sans grand charme qui marquait cependant notre retour dans la civilisation
après plus de 200km de bois. On a visité le Dominion local (la version
terre-neuvienne du IGA) pour faire quelques achats, ce qui nous a permis de
trouver quelques bizarreries culinaires (des Oreo saveur cannelle ? Des
poudings Yorkshire surgelés ?) Puis, toujours à l’affût des meilleurs
restos offerts dans un lieu donné par Tripadvisor, Mémé nous a déniché un improbable
resto indien. Fait insolite, il était situé dans le sous-sol d’un ancien
presbytère, et la proprio indienne parlait français !
Après un copieux repas, on a quitté la Transcanadienne un peu dull pour
rouler à travers les petites routes côtières vers la région de Twilingate. En
chemin, on s’est arrêtés dans la petite ville de Lewisporte pour mettre de
l’essence et admirer l’originalité d’un restaurateur local. Propriétaire d’un
restaurant situé à l’intérieur d’un centre commercial, celui-ci ne s’était pas
cassé la tête en l’appelant « Restaurant in the mall » !
La région de Twilingate est en fait un archipel d’îles situées près de
Terre-Neuve, accessibles par des jetées. Arrivés sur l’île de Twilingate, on a
suivi le conseil d’un ami de Mémé et on s’est rendus jusqu’au phare de Crow
Head pour y débuter une superbe randonnée. Le coup d’œil était magnifique, le
sentier serpentant le long des falaises abruptes, découvrant de temps à autre une
anse à l’eau turquoise et de beaux points de vue sur l’île. Avec le ciel bleu
et le soleil, c’était véritablement parfait : on a même eu chaud, c’est
dire ! En tout c’est probablement le plus beau trek qu’on ait fait de tout
notre séjour à Terre-Neuve et on vous le recommande chaudement !!
À la fin de la boucle, on est revenus au phare qui marquait notre point
de départ. Juste à côté se trouvait une boutique qui faisait de la vente de
fudges son fonds de commerce. On s’est laissés tenter (après avoir goûté tout
plein de sortes) et on est ensuite repartis. Direction : le terminus
maritime de Farewell, d’où partait le traversier pour l’île de Fogo. On nous
avait dit d’arriver une heure d’avance. Sur place, dans un coin perdu de
Terre-Neuve, on s’est vite rendu compte qu’on était les premiers arrivés !
On s’est dit que ça allait se remplir mais, au final, on devait être 6 autos au
total !
Après avoir mangé des bagels à l’humus dans l’auto, on est embarqués
sur le navire qui, contrairement au Appolo qui dessert Blanc-Sablon, était
flambant neuf ! Je n’ai pas trop compris les instructions du gars du
bateau et je me suis finalement garé tout croche, sous le sourire amusé de
l’employé ! Une fois à bord, on a jasé un moment à un sympathique gars de
Change Islands, le petit chapelet d’îles où le bateau arrête brièvement avant
d’arriver à Fogo. On a bravé le vent glacial pour se rendre sur le pont,
question d’observer le paysage. C’est là qu’on a vu, tout au loin sur la mer,
nos premiers icebergs !
Une heure et demie après être partis de Farewell, on est débarqués à
l’île de Fogo à la pénombre. On avait encore une trentaine de minutes à faire
avant d’arriver au village de Fogo, où on passerait les 2 prochaines nuits. Sur
la route, on a croisé un caribou qui broutait nonchalamment dans la tourbière.
Quand même pas mal comme accueil ! Puis, au terme de cette longue journée
de route, on est arrivés à Diane’s Units, où on dormirait dans une hébergement
un peu insolite : un winnebago chauffé près de la mer ! Sérieusement,
nous qui n’avions jamais dormi dans ce genre de véhicule auparavant, c’était
une expérience assez amusante ! C’est aussi plutôt incroyable comment les
choses sont bien organisées là-dedans, dans un si petit espace. Anecdote
comique : on a recroisé à l’auberge le gars du traversier. « I’ll get Diane for you, she’s
my wife ! » Disons que Fogo, c’est pas gros !!
On s’est ensuite couchés dans notre somptueux VR, question d’être en
forme pour entreprendre notre exploration de l’île le lendemain !
3e paragraphe: ça ressemble au Parc, entre Québec et Chicoutimi.
RépondreEffacerAlternez-vous au volant?
François faisait la majorité des longues distances et j'alternais pour moins longtemps de temps en temps
EffacerAirbnb fait feu de tout bois.
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