Intermède : sur la route, de St. John’s à Trinity


Allô tout le monde !

En ouvrant le rideau de notre chambre ce matin-là, on a tout de suite réalisé qu’il faudrait oublier toute envie d’aller faire de la randonnée aujourd’hui. Au menu pour la journée : forte pluie froide accompagnée de puissantes rafales de vent. Une belle journée de tempête, qui n’allait pas cesser avant le lendemain au mieux selon les prévisions météo ! Ça tombait cependant assez bien car on avait prévu de faire beaucoup de route.

On a trouvé du courage en déjeunant au Cora de St. John’s (oui, ils ont ça ici !). Juste sortir de l’auto et entrer dans le resto a été un combat contre les éléments ! Heureusement, mon traditionnel déjeuner de la construction (œufs, patates, rôties, jambon, bines, saucisses et bacon) m’attendait sagement. On a aussi eu droit à la serveuse la plus sweet du resto. Tsé comment les Canadiens anglais peuvent être d’une gentillesse infinie ? Ben c’était ça. « How are we today guyyyyyssss ? What an horrible weather, my goodness ! So are you ready to order ? Awesome ! I’ll bring you your nice and hot coffees in a minute ». Vous voyez le genre !

Ce fut une journée d’auto s’écoulant au rythme de la pluie ! La conduite était un peu plus sportive que d’habitude : méga flaques d’eau, sillons remplis d’eau, éclaboussures en provenance des gros camions qu’on croisait… Heureusement, on a surtout suivi au début les petites routes de la côte de la baie de Conception, au nord de St. John’s. On a quand même pu faire quelques brefs arrêts dans de jolis villages, dont à Brigus. Brigus est une perle de village à l’anglaise, avec ses petites rues étroites, ses maisons en bois proprettes, ses terrains entourés de clôtures blanches, ses petites églises coquettes, ses anses et… son tunnel. Visiblement tannés de ne pouvoir accéder l’anse qu’à un seul endroit, les gens de Brigus ont creusé à la pioche au XIXe siècle un véritable tunnel dans la roche pour se rendre à l’eau ! Disons qu’il faut être motivé, sachant que le port n’est pas très loin de là ! On a aussi visité Cupids, la première colonie anglaise du Canada (à peine plus âgée que Québec). Malheureusement, le musée de l’endroit était fermé (dommage, ç’aurait été la journée idéale pour être à l’intérieur). Par contre, on s’est amusés en stationnant l’auto sur le quai, où on recevait une partie des puissantes vagues qui frappaient la côte ! En sortant du village (et peu après notre manège niaiseux sur le quai), une madame en auto nous a arrêtés pour nous demander où était la poste du village ! Je ne savais pas qu’on avait l’air aussi local !

On a poursuivi notre périple, la voiture toujours assaillie par le vent et la pluie. On a étayé toute l’étendue de notre immaturité en faisant des blagues pleine de sous-entendus lors de notre passage dans les mal-nommés villages de Dildo et South Dildo (« Oh regarde, ce sont les Dildo Firefighters ! As-tu vu le Dildo Convenience Store ? ») Sérieusement, qui a eu l’idée d’affubler ces pauvres municipalités de noms pareils ?? Ils rejoignent les tristement célèbres villages de Condom (France), de Fucking (Autriche) ou encore de Mianus (États-Unis). Ahlalala !

Quittant la côte pour s’enfoncer dans les terres, on a fait notre seule activité de la journée en s’arrêtant au vignoble de vin de petits fruits Rodrigues. Fait insolite, cette petite installation est située dans ce qui était un hôpital converti ensuite en cour de justice avant de finalement trouver sa vocation comme vignoble. Original ! On a fait le tour des lieux avec une guide pas trop enthousiaste à l’idée de quitter la chaleur de son bureau, avant de faire le clou de la visite : la dégustation ! Au final, on a dégusté 8 vins faits de petits fruits terre-neuviens, dont un excellent au cassis et un autre, étonnant, au bouleau ! Sur les entrefaites, le vigneron est arrivé et, visiblement ravi d’avoir des clients par une journée aussi épouvantable, nous en a donné pour notre argent et a sorti les spiritueux ! J’en ai goûté plusieurs, le vigneron m’a accompagné alors que Mémé passait son tour (ne vous inquiétez pas, c’est elle qui a conduit ensuite !) On a finalement acheté une bouteille de vin de cassis afin de remercier tout le monde et de repartir, heureux de cette activité sympathique dans cette journée un peu morne. Quelques kilomètres plus loin, on s’est ravisés et on est revenus acheter une bouteille de vin de bouleau. Pour notre peine, le vigneron nous a en plus offert une bouteille de vin de cassis gratuite ! Ça, c’est du service client ! On était évidemment tout contents !

Après un moment à rouler sur la Transcanadienne, on a encore fait un détour par les petites routes le long de la mer, question d’admirer le paysage ! Dans un village perdu, on a acheté des bananes ainsi que des chips passées date depuis un an, signe que le renouvellement de la marchandise n’est pas très fréquent ici ! Puis, on est revenus pour de bon sur la Transcanadienne jusqu’à Clarenville, une petite ville aux portes du parc national Terra-Nova. On a demandé à notre fidèle ami Tripadvisor de nous trouver le meilleur resto du coin et c’est ainsi qu’on a soupé dans le chic (not) Rod’s Restaurant, situé dans un bâtiment industriel. On s’est régalés de lourds hot chicken avec patates pilées, gravy et dressing !

De Clarenville, on obliquait pour visiter la péninsule de Bonavista, plus au nord. Vous l’aurez compris, la géographie particulière de Terre-Neuve fait en sorte qu’il y a tout plein de péninsules à découvrir. Malheureusement, c’est toujours des allers-retours : il n’y a généralement pas de grandes boucles à faire en auto ! Il faut donc choisir… et on a avait décidé d’aller à Bonavista notamment pour le village de Trinity.

Disons qu’on n’a pas été déçus ! À partir de la route principale, on accède à ce village par un chemin magnifique qui serpente entre anses, baies et montagnes. Puis, Trinity se découvre : une agglomération de maisons aux couleurs vives sur une presqu’île, avec une vue spectaculaire sur l’océan. Wow ! On logeait dans une superbe auberge vieillotte près de l’église anglicane emblématique du village.

Il était tard mais on avait envie de se dégourdir les jambes avant qu’il ne fasse entièrement noir. Or, il pleuvait encore et toujours. Qu’à cela ne tienne : on s’est habillés en vêtements imperméables pour affronter les éléments ! Verdict : mes souliers étaient complètement trempé en 20  minutes tellement il pleuvait fort!!!… Au moins ça nous a permis de visiter un peu le village !

On ne gagnerait visiblement pas contre la pluie aujourd’hui. Par conséquent, on est revenus lire un peu dans notre chambre avec un thé, pendant que la pluie tambourinait contre le carreau. Et c’est ce qui a mis fin à cette journée de route pluvieuse !!

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