St. John’s


Bonjour !

Cette entrée de blogue sera plus courte !

Probablement fatigués par nos précédentes journées, on s’est levés tard ce matin-là et on a tranquillement déjeuné à l’appart. On a ensuite fait un peu de niaisage organisationnel, notamment avec ma banque parce qu’ils avaient bloqué ma carte quand j’avais tenté de faire un retrait à St-Pierre…

Bref, on est partis vers midi vers le centre-ville de St. John’s. On a laissé l’auto dans un espace de stationnement avec parcomètre sur la rue, mais on n’a pas très bien compris le concept. En effet, les parcomètres étaient tous étêtés… Il n’y avait donc nulle part où on pouvait laisser l’argent ! On a donc présumé que c’était gratuit et c’est ce que ça semblait être… En tout cas, c’était pas clair !

Après un passage à la banque pour  régler mon enjeu de carte bancaire, on est partis dîner. Mémé avait repéré un resto de buffet indien, mais il était fermé… On s’est rabattus sur un autre resto indien qui n’était pas mal ! On en profite pour diversifier notre alimentation pendant qu’on est en ville !

Par la suite, on est partis vers l’une des attractions de St. John’s : Signal Hill (faut dire que ça faisait deux jours que j’achalais Mémé avec ça sans raison !). C’est en fait une montagne qui garde l’étroit défilé (« The Narrows ») dans lequel la mer pénètre et qui forme le port abrité de St. John’s. C’est aussi là qu’a été capté le premier signal télégraphique sans fil outre-Atlantique et, qu’avant, on envoyait des signaux aux bateaux, d’où son nom sexy de Signal Hill (toujours ce goût propre aux anglo-saxons pour des descriptions très concrètes ou utilitaires de réalités géographiques : ce n’est pas ici que vous trouverez une « montagne enneigée du dragon de jade» !). Évidemment, comme vous pouvez vous en douter, la vue était très belle : d’un côté, on voyait la côte avec ses hautes falaises et de l’autre, on avait un beau panorama sur la ville ! Autre classique, il y avait aussi un super vent ! On a marché vers le sommet, en croisant au passage une batterie britannique stratégiquement placée pour barrer l’accès au port aux bateaux ennemis. Ça n’a pas empêché les Français de prendre plusieurs fois la ville, non pas par la mer mais plutôt par les terres, assez mal défendues !

On a poursuivi notre marche le long du cap, sur un sentier qui aboutissait au petit village de Quidi Vidi. Sis au fond d’une anse étroite, l’intérêt de ce village est sa microbrasserie ! Il n’était pas possible de la visiter mais on a quand même pu faire une belle dégustation de bières locales dans leur bel établissement vitré surplombant le port. Très agréable après-midi ! On a dégrisé en marchant à nouveau vers Signal Hill, question d’aller récupérer la voiture qu’on avait laissée au stationnement.

De là, on a roulé vers la seconde attraction importante des environs de St. John’s : le Cape Spear. Cet endroit est L’ENDROIT SITUÉ LE PLUS À L’EST DES AMÉRIQUES. Eh oui. Je vous vois jubiler sur votre chaise à la maison ! Après avoir été à l’un des 4 coins de la Terre plate à Fogo, s’être rendus au KM 0 du Danube en Ukraine et s’être tenus exactement à l’équateur en Équateur, voilà qu’on allait à nouveau visiter une curiosité géographique des plus fabuleuses. Il n’en fallait pas plus pour que notre niveau d’excitation atteigne des sommets (MP: je tiens à spécifier que c'était François qui capotait"!

On est arrivés sur place dans une purée de pois terrible assortie de bruine : on ne voyait rien à 10 mètres ! On a visité l’endroit, où s’élève évidemment un phare, au son régulier de la corne de brume. C’est puissant ces affaires-là : on est passés tout près d’où émanait le son et on a manqué de devenir sourd quand ça a retenti !

Mis à part être célèbre pour être le point le plus à l’est des Amériques (insérer ici des cris de fans hystériques), le Cape Spear a toujours été un endroit stratégique. On y très tôt érigé un phare (aujourd’hui classé patrimoine historique) et, durant la 2e guerre mondiale, on y a aussi installé des canons pour se défendre contre les sous-marins allemands. Ça, c’était assez impressionnant : on a rarement l’occasion au Canada de visiter un ensemble de bunkers en béton assorti de canons défensifs datant de cette époque. Il semble qu’ils n’aient jamais servi, contrairement à d’autres batteries installées à Terre-Neuve qui ont, elles, repoussé des submersibles nazis.

Notons enfin que l’océan s’abat ici avec violence contre cette langue de terre qui est, en passant, le point le plus à l’est du continent (c’est bon de le répéter) (MP: mais bon Dieu qu'il est fatigant haha). C’est assez majestueux comme endroit, et ça l’est probablement encore davantage quand on peut distinguer ce qu’on voit à plus de 10 mètres !

On est ensuite revenus en ville. Il pleuvait toujours. Qu’est-ce qu’on fait quand il ne fait pas beau et qu’on est à St. John’s ? On va au pub, bien sûr ! C’est ainsi qu’on a été souper au pub Duke of Duckworth, une taverne souterraine pas trop loin de George St. Au menu : ambiance feutrée de pub anglais, pinte de bière maison, championnat de darts à la télé (vous saviez que c’était un sport de compétition ?), fish and chips excellents mais gras (évidemment : un bon fish and chips ne doit pas être santé), accompagnés de frites avec gravy et dressing. Si vous êtes perplexes quand j’écris « frites avec gravy et dressing », ne vous inquiétez pas, nous l’étions aussi quand on a vu arriver le plat avec les frites sèches d’un côté et deux bols contenant respectivement le gravy et le dressing de l’autre. Pour le gravy ça va, on connaît ça : ça ressemble drôlement à de la sauce à poutine. Mais le dressing ? C’est en fait de la chapelure de pain aromatisée au sel et aux épices ! « Comment on doit faire ? » avons-nous demandé au serveur, un peu déconcertés. Celui-ci a entrepris de nous montrer : d’abord, on verse le dressing sur les frites, qu’on recouvre ensuite de gravy.  Un peu incertains, on a plutôt opté pour tremper chaque frite dans la sauce puis dans le dressing. Résultat : c’était assez bon, mais ça ne bat pas la poutine ! Seule ombre au tableau de ce passage autrement assez typique dans un pub terre-neuvien : puisque l’endroit était bondé, nous avons dû prendre la seule table disponible. Or celle-ci était bizarrement située à côté d’un haut comptoir où mangeait un monsieur un peu plus haut que nous sur un tabouret. De l’angle où Mémé était placée, elle avait une vue imprenable sur l’entrejambe de l’homme en question, qui était exactement à la hauteur de ses yeux haha (MP: C'était difficile de décider si mon attention devait aller là ou sur la partie endiablée de darts haha)!

On est ensuite revenus à l’appartement à la pluie battante, puis on a écrit le blogue un moment au doux son du voisin d’en haut qui marchait avec des enclumes en guise de pieds dans sa chambre. Parfait pour tomber lentement endormis !

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