Retour à Blanc-Sablon


À notre réveil le lendemain, on s’est aperçu avec incrédulité qu’il neigeait à plein ciel ! Euh… On est le 3 juin ! C’est normal, ça ? Quel coin de pays, tout de même ! Fallait vraiment que les premiers colons aient la couenne dure pour décider de s’installer ici !

Au final, il neigera de Deer Lake jusqu’à St. Barbe ! Au total, il y avait une accumulation d’environ 15 cm au sol! Quand même incroyable ! Heureusement, il n’y en avait pas sur la route compte tenu de la température (1-2 degrés), ce qui était un grand soulagement pour nous. On se souvient en effet que notre voiture a des pneus d’été !!! On a quand même roulé prudemment : ce n’était pas le moment de se retrouver dans le fossé…

De Deer Lake à St. Barbe, on empruntait à nouveau la Viking Trail. À notre plus grande joie, on a retraversé le parc national de Gros-Morne, cette fois couvert de neige. Cet endroit est décidément toujours aussi spectaculaire !

À St. Barbe, par contre, mauvaise nouvelle : le traversier de 13h était annulé. Pas à cause de la neige (on a l’habitude, ici) mais en raison des fortes vagues qui rendaient l’accostage impossible. « Ah, et est-ce que le bateau de 18h est maintenu ? » « Revenez vers 15h30, on devrait en savoir plus ! » Ah bon. Ici, le temps s’écoule différemment : ce genre de délai est commun, tout comme ce type de réponse imprécise. On doit s’y faire !

Qu’est-ce qu’on fait quand on est coincés à St. Barbe en pleine tempête de neige (pas de rando possible) et qu’on a 4h à perdre ? C’était véritablement une bonne question, à laquelle on était tentés de répondre « pas grand-chose ! ». Tripadvisor, à nouveau, nous a sauvé la mise : on pouvait aller grignoter quelque chose au village voisin de Flower’s Cove. On a donc pris la route vers le nord, au milieu d’un paysage hivernal un peu surréaliste. Les villages étaient ensevelis sous la neige, et les baies étaient pleines d’icebergs ! On a finalement passé le temps en mangeant un dessert dans le seul restaurant de la petite communauté de Flower’s Cove !

Vers 15h30, comme convenu, on est revenus au Ferry Terminal. « Le bateau de 18h partira, et vous devriez en faire partie. Revenez vers 17h15… » Pourquoi revenir encore ? En tout cas ce n’était pas clair… Bon, au moins on traverserait, c’était déjà ça de gagné ! On a profité de l’attente pour souper tôt au resto du motel adjacent au terminal, en compagnie de nos passagers d’infortune. Le resto était plein, ce qui visiblement n’arrive pas souvent ici car les serveuses ne savaient plus où donner de la tête ! Alors qu’on attendait nos plats, Mémé-œil-de-lynx a remarqué que des gens se levaient soudainement pour aller au Ferry Terminal. Juste au cas où, j’y suis allé, pendant que Marie-Pascale restait au resto. Disons que j’ai bien fait car on appelait les noms de ceux qui pourraient traverser en fonction de la liste de ceux qui étaient prévus pour le traversier précédent! Si je n’avais pas été là, on nous aurait rayé de la liste et on n’aurait probablement pas pu traverser ! Sérieusement, il fallait le savoir ! En passant, ici, la priorité est accordée à ceux qui ont un billet pour le traversier à une heure donnée, et pas à ceux qui ont raté leur traversier. En clair : ceux qui avaient un billet pour le traversier de 18h avaient priorité sur ceux qui avaient un billet pour le traversier annulé de 13h.

On m’a donné un précieux bout de papier jaune à afficher dans la voiture, signe que nous allions embarquer sur le navire. Sur les entrefaites, Mémé est venue me rejoindre dans l’auto avec deux plats à emporter. Apparemment, quand elle avait su qu’on prenait le bateau de 18h (soit dans une heure quand même), la serveuse du resto avait capoté et avait emballé notre bouffe ! On a donc mangé notre poulet frit bien graisseux (nos artères nous en remercient encore) dans l’auto en attendant sur le quai de monter sur le bateau, stationnés entre les pick-ups. Intégration terre-neuvienne réussie !!

Enfin, on a fini par embarquer. La traversée a été magnifique : la mer était remplie  d’icebergs de petite taille ! On a passé un bon bout sur le pont malgré le froid. À notre arrivée à Blanc-Sablon, un superbe coucher de soleil nous attendait pour souligner la fin de notre voyage !

Côté Québec, il ne neigeait pas mais il faisait encore plus froid : -1 ! À Blanc-Sablon, on est passés déposer la tente chez le couple de médecins qui travaillaient avec Marie-Pascale. On se souvient qu’on aurait dû utiliser cette tente pour camper à Fortune mais que la neige – encore – nous avait retenu à Fogo et empêché de camper ! Leçon nordique numéro 1 : ne jamais sous-estimer les éléments ! Puis, enfin, on est revenus au transit, où on a définitivement garé notre vaillant bolide. C’est ainsi que prenait fin de notre périple de 4000 km dans cette province de bout du monde qu’est Terre-Neuve-et-Labrador !

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