Sur la route vers Deer Lake


Le lendemain, notre déjeuner était nettement meilleur que la veille et on a ramassé nos affaires, pris une douche et quitté notre tente Otentik. Une agréable expérience de camping tout confort, quand même ! C’est juste dommage que nous n’étions pas plus éloignés des autres emplacements et de la route d’accès, mais bon, c’est pas grave ! On a roulé un moment vers un autre secteur du parc où on comptait faire le sentier Malady Head. L’accès en voiture était officiellement fermé jusqu’au 15 juin mais ça n’allait pas nous arrêter pour si peu ! Le sentier en tant que tel était agréable, mais c’est surtout le beau point de vue sur le Southwest Arm qui valait la peine ! Décor enchanteur, soleil et absence de vent, on n’aurait pas pu rêver mieux… n’eût été des maringouins ! Rien n’est parfait !

On avait une bonne journée de route à faire ce jour-là : on revenait sur nos pas vers Deer Lake, question d’attraper le traversier à St. Barbe le lendemain. Le voyage touchait à sa fin ! Cela dit, on avait bien l’intention de ponctuer notre itinéraire de la journée d’arrêts divers, question de faire des pauses. La première de celle-ci fut à Glovertown, un petit village en bord de mer, où on s’est arrêtés pour manger. Ce n’était pas de la grosse gastronomie : pizza dans la pizzéria Greco du coin ! À noter que le Greco local était aussi la place à sous-marins/place à yogourts glacés adjacent au Irving, en plus de servir de dépanneur. C’est ce qu’on appelle de l’intégration !

Notre prochain pit stop fut à Joey’s Lookout, un point de vue en bordure de la route, où on a observé le paysage après avoir décidé de ne pas faire la longue boucle par New Wes Valley. En effet, si on s’était aventurés de ce côté (apparemment très joli), on se serait ajoutés deux bonnes heures de route… et on en avait déjà 6 à faire. Il faut faire des choix, parfois !

Après avoir roulé un bon moment sur la Transcanadienne, on s’est dégourdis les jambes à Norris Arm en faisant une partie du sentier Eel Brook. Ça nous a permis de découvrir deux belles chutes ! Puis, en regardant le GPS, on a vu qu’on pouvait prendre une route secondaire de Norris Arm vers Bishop’s Fall avant de reprendre la Transcanadienne. Pourquoi pas ? Conseil d’ami : à Terre-Neuve, ne vous fiez pas à Google Maps ! Si, au début, la route était acceptable, elle est rapidement devenue assez abîmée, avant de devenir franchement mauvaise puis atroce. Vers la fin, en effet, la route était large d’une voie, il y avait des nids de poule géants tous les 2 mètres et la végétation envahissait de plus en plus le chemin ! Signe que ce bout de route était décidément abandonné, les camions de la voirie locaux venaient apparemment y tester leur peinture pour lignes de route, ce qui faisait en sorte qu’il y avait des lignes partout sur la route ! Comme on roulait à 15 km/h sur ce chemin pourri, un chien trop heureux d’avoir de la visite s’est mis au milieu de la route en branlant la queue, et se rapprochait de l’auto pour avoir des caresses haha !

On a finalement émergé dans un chantier de construction à Bishop’s Fall (?!), où on a pu retrouver la Transcanadienne. Bon, ce n’était peut-être pas la meilleure idée de prendre ce chemin-là haha ! Pour se remettre de nos émotions, on s’est arrêtés à Bishop’s Fall, un endroit sans charme et dévitalisé près d’une rivière qui doit son existence à l’industrie du bois et au chemin de fer qui traversait la place autrefois. Mémé avait interrogé Tripadvisor pour savoir ce qu’était l’attraction principale de la ville. Réponse : le Trestle Bridge ! C’est donc là qu’on est allés, pour découvrir un vieux pont de chemin de fer qui traversait la rivière. On est allés s’y balader, découvrant avec joie les trous dans les planches qui faisaient apparaître les rapides sous nos pieds, et rencontrant des adeptes du bruyant « sport » local : le 4-roues ! Faut dire qu’on est ici sur un tronçon de la T’railway. Effectivement, avant, il y avait un chemin de fer qui reliait Channel-Port-aux-Basques à St. John’s. Les rails ont été démantelés dans les années ’70 et, depuis, Terre-Neuve en a fait une piste de quatre-roues et de motoneige qui traverse tout l’intérieur la province dans ce qu’elle a de plus sauvage !

Après cet intermède, on s’est rendus à la ville voisine de Grand-Falls où cette fois, Tripadvisor recommandait de faire la Corduroy Trail. Bon, ce n’était certainement pas le sentier le plus bucolique car il serpentait dans le secteur industriel de la ville ! Au moins ça nous a fait faire un peu d’exercice ! Ensuite, on a roulé d’une traite jusqu’à South Brook. On était à la brunante, dans un secteur plutôt sauvage de la province, et ça n’a pas manqué : on a vu 2 orignaux en bord de route et un aigle à tête blanche perché sur un poteau en bord de route! C’étaient par contre les orignaux qui nous inquiétaient un peu… Ils avaient beau être occupés à brouter nonchalamment en regardant passer les voitures, une collision à 90 km/h avec l’un d’entre eux n’aurait pas pardonné ! Comme suggéré par de nombreux panneaux sur la route, Mémé a tenté sans succès d’appeler la Société qui recense les orignaux sur les routes de Terre-Neuve-et-Labrador, mais on perdait constamment le signal ! Pas très pratique si on devait être pris en bord de route, au milieu de rien !

Enfin est apparu South Brook, dernier village avant notre dernier tronçon de 1h30 de route. À partir d’ici, on quitte la mer et on plonge en pleine forêt, sans croiser de village avant Deer Lake. Autant dire qu’on avait intérêt à souper avant ! On est donc arrêtés manger dans un « diner » de truckers, où on s’est régalés de turkey dinner et de chicken philly. Puis, ensuite, on a fait avec précaution notre dernier bout de route, où on a vu un autre orignal. On est arrivés sans encombres vers 20h à Deer Lake. Mémé nous avait trouvé un chalet pas loin, mais Google Maps s’est encore fourvoyé pour nous guider. On a d’abord erré dans Deer Lake, une ville en face du lac du même nom et dominée par une grosse centrale hydroélectrique. Quand on a constaté qu’on n’était visiblement pas à la bonne place, Mémé a appelé la madame du chalet, mais ses indications ne nous aidaient pas beaucoup plus. En effet, à un certain moment sur la Transcanadienne, notre GPS nous a dit : « dans 800m, préparez-vous à vous garer et à faire le reste du chemin à pied ! » Euhhhh… Vous voulez vraiment qu’on traverse le champ et la forêt freestyle comme ça ???

Finalement, on a trouvé le fameux chalet (en fait 4 petites maisons semi-détachées au milieu d’un champ avec ligne électrique). Ce n’était pas très cosy de l’extérieur mais très confortable à l’intérieur. On s’est fait un thé avant d’aller dormir après cette bonne journée de route !

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