Terra-Nova


Rebonjour ! C’est toujours François ! (MP : j’ai fait faux bond pour ce blog-ci, ne m’en voulez pas…)

Réveillés de bon matin par le soleil, c’est avec plaisir que j’ai déchiré l’enveloppe de bouffe déshydratée pour nous préparer à manger ! Marie-Pascale en avait acheté tout un assortiment, et j’étais passablement intrigué par le « déjeuner de biscuits et saucisses »  qui, semble-t-il, récoltait beaucoup de commentaires positifs en ligne. Verdict : ça allait, mais c’était beaucoup, beaucoup trop salé !

Après cette expérience culinaire mémorable, on a pris la voiture pour aller explorer le parc. Le parc national Terra-Nova est assez étendu et les points d’intérêt sont répartis de part et d’autre de la Transcanadienne. D’abord, en guise d’introduction, on a pris la route qui mène au belvédère de Blue Hill, qui permet d’avoir une belle vue d’ensemble du parc. Il y avait malheureusement beaucoup de nuages, mais on a tout de même pu avoir une bonne idée. À première vue, le paysage de Terra-Nova ressemble à ce qu’on trouve partout à Terre-Neuve : une succession de montagnes couvertes de conifères, quelques rivières, et la mer au loin. Ce qui différencie néanmoins l’endroit, ce sont les « sounds ». Non, pas les bruits : plutôt de longs et étroits bras de mer qui pénètrent profondément à l’intérieur des terres. Comme des doigts fins et crochus qui voudraient attraper cette partie de l’île de Terre-Neuve. Ça crée une impression étonnante. En effet on se croirait davantage devant un lac que devant une partie d’océan, tellement la surface de ces étendues d’eau est paisible car coupée du vent du large par les montagnes. Rien à voir avec les vagues déchainées qui frappent la péninsule de Bonavista, pourtant toute proche !

Par la suite, on est revenus sur nos pas pour se réchauffer avec un sentier facile qui faisait le tour du Sandy Pond. C’était une belle promenade aux alentours d’un petit lac, entre tourbières et épinettes. Il n’y avait pas de vent et le soleil de midi était sorti en force. Stupeur : à un certain moment, on a même eu chaud ! Eh oui ! Pas au point d’aller se baigner, quand même – le lac a une belle plage de sable naturelle qui se prêterait bien à une saucette – mais tout de même assez pour se croire presqu’en été !

De retour au camping, c’était l’heure de manger : le diner de poulet teriyaki était excellent et bien moins salé que ce qu’on avait ingurgité le matin ! L’allumage du réchaud, qui posait problème dans les derniers jours, a cette fois été réellement facilité grâce à un combustible magique : des feuilles de papier toilettes glissées juste sous les brindilles ! Ce n’était peut-être pas très orthodoxe mais en tout cas ça a donné d’excellents résultats !

Du camping, on pouvait cette fois marcher pour aller faire la randonnée la plus populaire du parc : le sentier côtier. Celui-ci longe le Newman Sound tout près de la rive, ce qui nous donne de superbes points de vue sur ce bras de mer étroit et paisible. Sérieusement, on se serait crus près d’un lac des Laurentides : il fallait vraiment se convaincre pour se dire qu’on se baladait au bord de la mer ! Il faut dire que les montagnes et l’absence de vent créent un micro-climat, ce qui permet à une végétation un peu différente de pousser ici. En effet, alors qu’on ne voit généralement que des épinettes à Terre-Neuve, ici, des trembles et d’autres feuillus venaient s’ajouter au couvert forestier. On a marché pendant un bon moment, passant une chute d’eau, jusqu’à ce qu’on aperçoive, sur le sentier, un amoncellement de crottes très fraîches d’aspect étrange. Ça ne ressemblait ni des excréments de caribou, d’orignal ou de chevreuil (qu’on voit partout à Terre-Neuve). Quelques recherches sur Google nous ont confirmé qu’il s’agissait bel et bien de crottes d’ours. En repensant à la maman ourse et ses 4 oursons qui se baladaient dans le parc, on s’est dit qu’il vaudrait probablement mieux rebrousser chemin ! On n’a donc pas terminé le sentier, mais ça nous a permis de revoir de beaux points de vue au retour (et on s’est évités une rencontre potentiellement désagréable pour tous les protagonistes J) !

Rendus au camping, on a continué à marcher et on a fait une boucle en suivant un sentier le long de la rivière près du campement. Avec tout ça, on était déjà rendus en fin de journée. Après une bonne lasagne déshydratée (bon, ça goûtait la lasagne mais ça n’en avait pas du tout l’aspect), on s’est dirigés à nouveau vers le Newman Sound. Plus tôt dans la journée, on avait en effet découvert qu’un espace pour les feux avait été aménagé juste en face du bras de mer, nous donnant une vue superbe. L’environnement était décidément plus agréable que le spot de la veille, éclairé par un lampadaire blafard ! On a donc étiré la soirée en regardant crépiter le feu de camp, avec en main un verre de mousseux pour célébrer le fait que Mémé était désormais médecin ! En fait, elle n’avait pas encore reçu sa confirmation officielle qu’elle avait passé son examen mais c’était la dernière soirée où elle pouvait recevoir ses résultats et qu’on pouvait souligner la chose avant que je ne revienne en Chine… C’était tout comme car elle a su qu’elle était médecin le mardi suivant ! 

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